Boite à outils

Des frênes frappés par la chalarose mais rien de dramatique

Depuis le 15 septembre, cinq forêts du Nord - Pas-de-Calais, proches du littoral, ont été mises en sécurité et interdites au public par l’Office National des Forêts. Nous avons voulu savoir si, dans le parc Scarpe-Escaut, la situation était aussi préoccupante.

Les frênes de notre secteur sont-ils atteints ?

Oui, comme toutes les régions au nord de la Seine et jusqu’au Dijonnais à l’est. Le premier foyer français avait été détecté en 2008 en Haute-Saône. Et le deuxième dans le Pas-de-Calais en 2009. Il faut dire que la maladie vient de Pologne et de Lituanie où elle a été signalée en 1990. Si le frêne représente 50 % des forêts dans certains secteurs des Hauts-de-France, il a été beaucoup moins planté dans le Valenciennois. En plus, cet arbre se retrouve dans des peuplements mélangés : «  avec des chênes pédonculés, des aulnes, des peupliers…  », détaille François Carlier du Parc Scarpe-Escaut. Il y a quelques parcelles de frênes purs comme à Château-l’Abbaye, abattues pour la plupart mais elles sont plutôt rares. 

Fabrice Desort, gestionnaire du site d’Amaury mais aussi interlocuteur des communes à propos des forêts et bois communaux se veut même rassurant : «  Les arbres qui sont isolés vont s’en sortir, et plus les sujets sont âgés, mieux ils se portent.  » La raison est simple selon François Carlier : la chalarose s’attaque aux jeunes bois et donc d’abord au haut du houppier. Les arbres jeunes sont plus vite infectés. Le champignon atteint peu les rameaux ou branches de plus de deux ans. Les sujets vieux opposent leur robustesse. Rien à voir donc avec la graphiose qui a éliminé l’orme dans les années 70-80, l’arbre n’ayant pas eu de résistance.

Autre facteur positif : l’été a été sec et donc peu favorable aux maladies. Par ailleurs des coupes sanitaires ont été effectuées sur certaines parcelles : «  Il faut 50 % du houppier sec pour que l’on puisse intervenir  ». Mais pour François Carlier la solution est ailleurs : «  Pour éviter les problèmes sanitaires, il faut mélanger les essences qui se plaisent sur le même terrain.  » Éviter les peuplements mono-spécifiques, c’est ce que porte l’opération Plantons le décor pour les petites parcelles : «  On conseille sur le sol, et on assure un accompagnement.  » Pour les propriétaires de grosses parcelles, le parc organise des visites avec le CRPF (centre régional de la propriété forestière du Nord-Pas-de-Calais) et d’autres services. Bref des actions ont du résultat : le taux de boisement sur le territoire est proche de 25 %.

Le Chalara vient du Japon où il cohabite avec une espèce de frêne asiatique sur lequel il ne provoque aucun dommage, alors que chez nous, il met en péril quasiment tous les pieds (frêne commun, frêne oxyphylle et leurs hybrides). Chez les petits sujets, la mortalité est très violente : elle va de 70 à 80 % en 2-3 ans.

La propagation se fait par voie aérienne, grâce au vent. Le champignon est capable de franchir à peu près 60 km par an. Il a probablement aussi été disséminé par plantation de pieds contaminés. C’est l’hypothèse la plus probable concernant l’apparition de la maladie dans le Pas-de-Calais en 2009.Pourquoi planter du frêne ? C’est un arbre qui pousse assez vite et une essence régionale qui procure du bon bois utilisé pour les outils et les meubles.

Extrait de l'article de Murielle Tison de la Voix du Nord 


Informations & Contact : François Carlier - 03 27 19 19 70

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Le saviez-vous?

3 %, ce que représente le frêne dans les forêts françaises.

30% c’est environ le nombre de pieds de frêne secs sur la route de la Puchoie à Saint-Amand-les-Eaux.

25% c’est la proportion importante que représente le parc Scarpe-Escaut au niveau des commandes dans l’opération Plantons le décor, menée par Espaces naturels régionaux.

3 le nombre d’ormes ayant survécu à la graphiose en bordure de forêt Saint-Amand-Raismes, parce qu’ils étaient noyés au milieu d’autres espèces. Ils sont classé « arbres remarquables ».