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Lancement officiel du programme LIFE Anthropofens

Ce samedi 17 octobre 2020, le Marais du Haut-Pont à Douriez (62) accueillait le lancement officiel du programme LIFE Anthropofens.

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Ce projet ambitieux, financé par le fonds européen LIFE, réunit 9 partenaires autour de la préservation, la restauration et la gestion des tourbières* du Nord de la France et de Wallonie.

Au cours des derniers millénaires, avec une accélération ces derniers siècles, les marais tourbeux ont progressivement été aménagés pour être exploités, que ce soit pour l’activité agricole, l’extraction de la tourbe, la sylviculture et plus récemment certains loisirs.

En a résulté la dégradation de leur état écologique et de leur fonctionnement.

tourbière de Vred©Bruno Bosilo


Pourtant, ces milieux rares et fragiles assurent de nombreux services dits « éco-systémiques ».

Véritables « pièges à carbone », ils jouent également le rôle d’éponges retenant l’eau pendant les périodes de crue et la restituant en période sèche.

Derniers refuges pour de nombreuses espèces végétales et animales - des amphibiens aux oiseaux, en passant par les insectes pollinisateurs et les poissons - ils sont également, tout simplement, des lieux d’aménité et d’inspiration pour l’Homme.

Les pressions qu’ont subi et subissent encore les tourbières en font aujourd'hui des espaces relictuels et fragiles qu’il convient de préserver.

grenouille des champs


C’est dans ce contexte que le Conservatoire d’espaces Naturels des Hauts-de-France, le Parc naturel régional Scarpe Escaut et sept autres structures partenaires ont construit le projet Life Anthropofens.

Ils ont mis en commun leurs compétences pour monter un programme ambitieux de travaux, d’études scientifiques, d’expérimentations et de valorisation des tourbières auprès de publics variés.

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Au-delà de la restauration écologique des tourbières, les enjeux portés par le LIFE Anthropofens sont multiples :

  • préserver la biodiversité
  • améliorer la gestion des ressources en eau
  • optimiser l’entretien de ces espaces par pâturage
  • mettre en réseau les gestionnaires de marais tourbeux
  • ou encore communiquer auprès des élus, usagers et habitants ...

Ce projet présage de belles années de travail, d’expérimentations et de partenariats. Nous reviendrons régulièrement vers vous sur son avancée durant les cinq prochaines années …

Qu’est-ce qu’une tourbière ?

Une tourbière se caractérise par un sol constamment gorgé d’eau stagnante ou peu mobile, privant d’oxygène les micro-organismes (champignons et bactéries) responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique. C’est dans ces conditions anoxiques que se forme une litière végétale riche en carbone appelée « tourbe ».

(photo: un boisement dominé par le bouleau, installé sur un tapis spongieux car constitué de mousses ... voici l'un des paysages typiques des tourbières, la "boulaie à sphaignes")

boulaie à sphaigne

La nature des tourbières ainsi que les espèces animales et végétales qu’elles renferment dépendent de nombreuses caractéristiques : la situation géographique, le climat, le type d’alimentation en eau, la teneur en éléments trophiques et l’acidité du milieu, etc.

(photo: ces plantes aquatiques, appellées utriculaires, sont carnivores. On les trouve notamment dans nos tourbières)

utriculaire

(photo: Dolomedes plantarius, une araignée typique des milieux tourbeux, chasse à vue dans la végétation et à la surface de l'eau)

dolomède

Les tourbières visées par le Life Anthropofens sont ainsi dites « basses » et « alcalines » et renferment de fait un cortège de plantes et d’animaux très spécifiques. Citons par exemple l’araignée Dolomedes plantarius et l’escargot Vertigo moulinsiana ou encore Rana arvalis, la Grenouille des champs.

(photo: le Vertigo de Desmoulins, un très petit escargot des milieux humides calcaires, est protégé à l'échelle européenne)

Vertigo

(photo: la très rare Grenouille des champs se reproduit au sein des Tourbières de Vred et de Marchiennes)

grenouille des champs

Le Life Anthropofens : zoom en Scarpe Escaut

Trois sites naturels du territoire du Parc naturel régional Scarpe Escaut font partie du projet :

  • le Marais de Sonneville (11 ha) situé à Wandignies-Hamage, propriété du Parc naturel régional Scape Escaut
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  • la Réserve Naturelle Régionale de la Tourbière de Vred (41 ha), propriété communale gérée par le Parc naturel régional Scarpe Escaut
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  • la Tourbière de Marchiennes (30 ha), propriété du CEN Hauts-de-France et du Département du Nord
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Au programme :

  • des travaux d’ampleur sur les sites : déboisement, entretien par fauche ou pâturage, décapage des premiers centimètres de sol, …
  • des études approfondies : fonctionnement éco-hydrologique des tourbières , impacts du pâturage sur les milieux, évaluation des services écosystémiques (pollinisation, cycles de l’eau, de l’azote et du carbone), …
  • de la communication auprès de tous les publics : lettres d’information, aménagements pour l’accueil du public, animations, …

Informations & contact

Mathilde Castelli - chargée de projet Life Anthropofens au PNR Scarpe Escaut

m.castelli@pnr-scarpe-escaut.fr

03 27 19 19 70

Retrouvez le Life Anthropofens sur internet : www.life-anthropofens.fr et sur sa page Facebook : www.facebook.com/LIFE.Anthropofens

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Crédits photos ©CEN Hauts de France - PNRSE - Samuel Dhote - Gilles Saint Martin
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Vidéo

Suivi scientifique de la Grenouille des champs Vidéothèque

Le saviez-vous?

Le Life Anthropofens en chiffres :

  • 480 hectares de marais tourbeux restaurés, préservés et étudiés dans les Hauts-de-France et en Wallonie
  • 13 sites du réseau Natura 2000
  • 39 communes concernées
  • 6 habitats naturels d’intérêt européen ciblés
  • 9 structures bénéficiaires et une centaine de salariés impliqués
  • 6 années de mise en œuvre, de novembre 2019 à décembre 2025)
  • 18,7 millions d’€ de budget financé : à 60% par l’UE, à 29% par l’Agence de l’eau Artois Picardie, à 5% par l’Agence de l’eau Seine Normandie, à 1% par l’Office Français pour la Biodiversité (OFB), à 1% par le Département de l’Oise, à 3% par la Fondation Coca-Cola et une part d’autofinancement apportée par les bénéficiaires du projet.