Boite à outils

Les sorties découvertes des paysages du Parc naturel régional # 2 juillet 2017

Balade "Homme et Paysages" animée par la Maison de la Forêt. Organisée dans le cadre de l'opération "le Bassin Minier fête le patrimoine mondial"

« Homme et Paysages », la balade porte bien son nom. Car ici à Raismes, comme sur l’ensemble du bassin minier, l’homme a profondément marqué son passage et modifié les paysages.

Là où aujourd’hui trône majestueusement le chevalement Sabatier, il faut imaginer tout un complexe dédié à une activité d’extraction intense du charbon avec la salle des machines, un second chevalement pour l’aération des galeries, des parcs de bois pour soutenir les galeries etc. Le décor actuel vert, arboré et paisible est donc particulièrement trompeur. Sous le chevalement, une simple plaque marque discrètement l’entrée de l’ancien puit de mine de 728 mètres de profondeur.

Difficile d’imaginer les paysages industriels qui se sont succédés ici, maintes fois remaniés. En 1918, puis en 1945, les allemands ont tout détruit et à chaque fois il a fallu reconstruire. Avec la bataille du charbon dans les années 50, l’activité industrielle s’est intensifiée à outrance. Des liaisons souterraines sur des kilomètres permettaient d’acheminer le charbon à raison de plusieurs tonnes par heure jusqu’au site du lavoir Rousseau.

Depuis la fermeture définitive du site en 1981, les installations et bâtiments de la mine ont été détruits, à l’exception du chevalement. La végétation, d’abord plantée, puis sauvage, a occupé l’espace vacant. Le paysage a profondément changé et continue à évoluer. Aujourd’hui, un plan d’eau en forme de main avec son petit îlot font penser à la main du mineur perlée de sueur et symbolisent le travail de la mine.

Enorme amas de déchets issus de cette exploitation passée, le terril conique de Sabatier est l’un des plus hauts sites des environs. Son ascension est vite récompensée : un panorama exceptionnel permet la contemplation de la forêt et au-delà jusqu’à 60 km de distance lorsqu’il fait beau. Il faut un œil averti pour reconnaître le terril des Hermites, l’un des plus anciens, probablement du XVIIIème siècle.

Le terril Sabatier est un amas de schistes, grès et de morceaux de charbon, truffé de fossiles, et stabilisé par les racines du bouleau verruqueux, espèce pionnière en ces lieux inhospitaliers chauds, secs et ravinés. Des plantes adaptées viennent ajouter des taches de couleur à cet univers de schiste noir et de bouleaux aux troncs blancs : millepertuis, vipérine, séneçon du cap (invasive), cardère ou cabaret des oiseaux.

Au pied du terril, une zone d’affaissement minière a formé un plan d’eau. A la suite de la fermeture de la mine, l’eau s’est infiltrée dans les galeries qui se sont affaissées et en surface le sol a suivi le mouvement. L’eau est remontée malgré les pompes toujours en activité. Les espèces côtoyées ici sont différentes et diversifiées : roseaux, aulnes glutineux, bouleaux pubescents, chênes, charmes…

Comme l’ensemble du bassin minier, cette petite portion dévoile une mosaïque de paysages et une biodiversité hors du commun. Il s’agit d’un cas rarissime : un enrichissement écologique est observé après une activité industrielle. On comprend ainsi bien pourquoi la valeur universelle exceptionnelle du patrimoine du bassin minier et de ses paysages a été reconnue par l’UNESCO en 2012.

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