Boite à outils

Retour sur la Balade nocturne "Le Jour de la Nuit" du samedi 13 octobre 2018

A la découverte des paysages étoilés

« On éteint tout et on commence la balade ». C’est parti ! Emmené par Juliette et Nathanaëlle, les deux animatrices chevronnées  de la Maison de la Forêt, le groupe de 40 personnes s’engage dans la pénombre de la drève de la Princesse.

Puis, le parcours quitte la voie pavée rassurante pour s’enfoncer au cœur de la forêt et de ses mystères. De petits points lumineux jalonnent le parcours pour le plus grand bonheur des petits et des grands : ce sont les lucioles.

Vaguement inquiétant, le paysage forestier la nuit décline toute la palette des dégradés de gris depuis les noirs troncs d’arbres verticaux, jusqu’au tapis clair des feuilles d’automne. Les feuillages plus ou moins denses et sombres laissent çà et là entrevoir le ciel dont les lueurs se reflètent parfois dans le miroir obscur d’une mare.

Privés de lumière, les lieux prennent une allure étrangère et l’imagination se débride. Immanquablement Peter Pan, la fée Clochette, la forêt de Brocéliande et les chevaliers de la table ronde traversent l’esprit.

Les formes étranges que dessinent les fougères et la végétation plongent le promeneur dans un état particulier où tous les sens s’éveillent. Car le paysage nocturne n’est plus uniquement celui que l’œil perçoit. Les autres sens viennent en renfort. On devient plus sensible aux odeurs, à la sensation du vent, du contact des pieds au sol, on touche le tronc des arbres pour en reconnaître les essences.

Juliette invite le groupe ici et là à faire une pause pour écouter, sentir, regarder.

Loin d’être silencieuse la nuit, la forêt est le siège de nombreux bruits. Abstraction faite du brouhaha de la ville toute proche et des véhicules, nos oreilles captent la présence de la chouette hulotte, les sauterelles et criquets, le chevreuil, le rossignol, le héron, la chauve-souris. Des clapotis nous rappellent que les étangs et mares regorgent de vie. Le hibou moyen-duc, le rossignol, la bécasse et le sanglier se font par contre très discrets. La forêt craque, bruissonne, des branches et des glands tombent.

Mais les lumières, les bruits de la ville nous ramènent bientôt à la réalité d’un monde façonné par l’homme pour l’homme. Le halo lumineux produit par tous les éclairages urbains et industriels gêne la perception des étoiles. « Nous faisons partie d’une zone partant du Danemark au nord jusqu’en Italie au sud tellement peuplée et lumineuse qu’il y est impossible de voir la voie lactée »  indique Nathanaëlle.

Juliette énumère les nombreuses conséquences néfastes engendrées par la pollution lumineuse, car il s’agit bien d’une pollution au même titre que la pollution chimique ou sonore. Le rythme naturel des espèces est perturbé. Par exemple, les oiseaux migrateurs se déplacent majoritairement la nuit en utilisant les étoiles pour se guider. La lumière artificielle les oblige à modifier leurs trajectoires. Elle gêne aussi notre sommeil et peut induire des maladies hormonales.

L’éclairage coûte pourtant très cher et son utilité est discutable. « Des études ont montré qu’il y a autant d’accidents dans les zones éclairées que dans les secteurs qui ne le sont pas » ajoute Juliette.

Autant de bonnes raisons pour réduire nos éclairages…

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