Boite à outils

Une disparition silencieuse d’activités pourtant essentielles …

Notre territoire, à l’image de ce qui se passe à l’échelle régionale, voire nationale, vit depuis plusieurs mois une situation préoccupante : la disparition progressive d’activités d’éducation à l’environnement et au développement durable. Lentement, mais surement, sans bruit, les structures associatives cessent leurs activités faute de moyens financiers… Ce constat est paradoxal, dans un contexte sociétal où la reconnaissance d’un « besoin environnemental » est pourtant bien effective.

De quoi parlons-nous ?
« Sur le terrain, éduquer à l’environnement peut se traduire par un acte d’information, de communication, de sensibilisation, d’éducation, de formation, de médiation, de concertation… C’est un acte engageant par lequel l’éducateur invite les personnes qu’il côtoie à être dans la nature, dans leur environnement, à s’y frotter et s’y confronter… à vivre cet environnement, le toucher, le sentir, le parcourir, l’imaginer, l’expérimenter, le penser et le réfléchir, le construire, le modifier ou le conserver. » (Réseau Ecole et Nature - http://reseauecoleetnature.org/textes-de-reference )


Un peu d’histoire
Pour découvrir la richesse et la diversité de nos patrimoines, faire comprendre les fragiles équilibres et les fortes interactions entre leur qualité et nos activités humaines ; pour donner des clés pour agir, chacun à son niveau et à partir de choix éclairés… les structures d’éducation, de médiation, d’animation de notre territoire ont développé une offre considérable d’outils et d’activités pédagogiques.
Sous la forme d’animations nature à la journée, de visites insolites de réserves naturelles, de chantiers nature, d’ateliers de cuisine de plantes sauvages, d’ateliers pédagogiques pour construire des nichoirs ou des gîtes à insectes, de conseils pratiques pour créer un éco-jardin dans son quartier ou aménager un espace de biodiversité…  pour tous les publics, tous les âges, l’offre produite a concerné un nombre très conséquent d’enfants et d’adultes de notre territoire.
A titre d’exemple, l’opération pionnière « Objectif nature », portée par Espaces naturels régionaux, a permis de sensibiliser plus de 515 000 écoliers à la nature en 30 ans.
Pour mettre en pratique sa mission d’éducation au territoire, notre Parc naturel régional a animé, outillé, participé à la formation d’un réseau actif et solidaire d’une vingtaine d’animateurs et médiateurs nature, patrimoine, culture… Leur implication a été particulièrement remarquée dans la réussite de projets fédérateurs ou de dispositifs pédagogiques pilotés par le Parc comme Mine d’art en Sentier ou Nos p’tites fabriques d’ici en faveur des zones humides et milieux aquatiques ou encore l’appel à projets scolaires « là où je vis, là où j’habite… j’agis ! ».


Un enjeu de société :
L’expérience acquise  l’a démontré, l’éducation à l’environnement s’est sans cesse adaptée en étant source d’innovations pédagogiques.
Pour l’éducation nationale, elle est devenue partie intégrante des missions de l’école. Ainsi, l'éducation à l'environnement et au développement durable est désormais inscrite dans le Code de l’Education et débute dès l'école primaire. Elle vise à éveiller les enfants aux enjeux environnementaux et comporte une sensibilisation à la nature et à l'évaluation de l'impact des activités humaines sur les ressources naturelles. Cette mission s'exerce dans le cadre d'une démarche partenariale entre la communauté éducative, les collectivités territoriales et les parties prenantes et associations intervenants dans le champ de cette éducation transversale.
De façon plus générale, la responsabilité citoyenne a engagé les acteurs de l’Education à l’environnement à aller de l’avant, à participer au lien social et à entrer en dialogue avec toutes les sphères d’influence de notre territoire transfrontalier. 
Ainsi, au niveau national, l’impact économique de l’Education à l’environnement est considérable aussi bien en termes de bénévolat que d’emplois salariés.


Et pourtant, aujourd’hui, en ce mois de janvier 2018, on déplore la fin de l’activité salariée de l’Association AULNE. Faute de moyens financiers suffisants du fait des suppressions de subventions publiques et privées, de la quasi disparition des commandes des écoles et collectivités, elles-mêmes devant faire face à des baisses de moyens, c’est l’une des dernières structures du territoire, une structure historique, qui ne peut perdurer qu’à travers le bénévolat.


Le risque est alors grand de perdre les savoir-faire, les compétences, les outils et méthodes développés au fil du temps et de ne plus trouver de porteurs pour les actions de mobilisation, médiation, sensibilisation à venir, pourtant nécessaires.

Et demain ?
Peut-il y avoir du développement durable sans éducation ?


La réponse paraît évidente mais les moyens pour y parvenir sont à ré-inventer. Les savoir-faire des acteurs professionnels qui étaient en capacité de répondre aux besoins de l’éducation nationale, de centres sociaux, de centres de loisirs, de collectifs d’habitants pour l’accompagnement de leurs projets… n’ont pas disparu et de nouvelles énergies apparaissent !
Alors même que le territoire peut compter sur des réseaux en plein essor, éco-jardiniers, observateurs de la nature, collectifs incroyables comestibles, colibris, qui par leur investissement bénévole continuent à développer des actions éducatives, il semble d’autant plus important de parvenir à maintenir les moyens nécessaires à leur accompagnement, la concrétisation de leurs projets, leur formation, leur mise en réseau… et ainsi faire en sorte que leur action touche le plus grand nombre.
Espérons que cette prise de conscience de la situation en ce début d’année, implique une réaction collective et une volonté renouvelée des pouvoirs publics, pour que les politiques territoriales n’oublient pas l’indispensable volet éducatif, sans lequel toute action serait vaine sur le long terme.

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