Des expérimentations pour prendre soin des sols
Le sol est une ressource limitée non renouvelable. Il fournit 95% de notre nourriture et abrite 80% de la biodiversité animale. Ses fonctions sont multiples : capacité à la filtration, à l’autoépuration, à l’infiltration, à la rétention d’eau, au stockage de carbone… Le protéger est donc essentiel.
Des solutions prometteuses
Quelles cultures nécessitent moins de produits phytosanitaires et moins d’azote (et protègent donc la biodiversité, la qualité de l’eau et les milieux naturels) ? Lille Métropole, 3 communautés d’agglomération et le Parc naturel régional, tous porteurs d’un Contrat d’action pour la ressource en eau, testent les cultures à bas niveau d’intrants (BNI) comme la lentille, la féverolle, le sarrasin, la luzerne, le chanvre, le miscanthus… A suivre !
Je pratique le maraîchage sur sol vivant, c’est-à-dire que je ne réalise aucun travail du sol et celui-ci reste actif, riche en vitamines et minéraux.

Benoît Poivey (Rieulay)
S’adapter aux changements climatiques
Transformées en copeaux, les branches de bois issus de la taille des haies et de toutes autres essences de bois peuvent aujourd’hui être valorisées en litière pour les bovins, ovins et caprins. La plaquette de bois remplace alors la paille, denrée qui vient à manquer depuis plusieurs années en raison des aléas climatiques. Le Parc naturel régional impulse donc l’expérimentation des plaquettes de bois en litière en accompagnant l’exploitant agricole par des analyses de sol, des analyses de fumier et l’observation des impacts sur le bien-être animal.
Sécheresse et les intempéries perturbent la gestion des bilans fourragers et impactent l’alimentation des élevages de ruminants. En agriculture biologique, où la ration alimentaire des animaux doit comprendre au moins 60 % de fourrage en matière sèche, des exploitants testent des cultures fourragères innovantes susceptibles de s’adapter aux conditions climatiques variables d’une année à l’autre. Tout récemment, à Condé-sur-l’Escaut, sur 4 ha mis à disposition par le Département du Nord, deux cultivateurs bio ont expérimenté le moha, le millet et le sorgho, suite à une culture de maïs grain.
Cette expérimentation a montré que ces variétés à croissance rapide peuvent offrir des solutions viables pour renforcer l’autonomie fourragère des exploitations face aux défis climatiques.
Soutenir le Bio
Le Parc naturel régional Scarpe-Escaut anime un plan bio pour développer des productions et des surfaces agricoles en AB et accompagner la structuration des filières bio. à destination des agriculteurs, ce plan comprend des conseils technico-économiques individuels et collectifs, un accompagnement à la transmission et à l’installation ainsi que des journées techniques ouvertes à tous les agriculteurs. Promotion des produits et des marchés bio, organisation de rencontres entre producteurs et consommateurs sont les axes ciblant le grand public. Enfin, à l’intention des communes, il organise des ateliers sur l’introduction de produits bio et locaux dans les cantines et incite à la mise à disposition de foncier communal (comme à Vred, Fresnes-sur-Escaut et Condé-sur-l’Escaut) pour l’installation de jeunes exploitants bio.
Ce plan bio est animé avec Bio en Hauts-de-France, la Chambre d’agriculture, Initiatives paysannes, ACE, Terre de Liens, le CIVAM Hauts-de-France, la FRCUMA et A Petits Pas.

Sébastien Bauduin, converti à l'agriculture bio en 2018
« J’arrivais à un système intensif qui ne me plaisait plus. Les vaches sont herbivores et je leur donnais du maïs en grains ! Je ne me sentais pas bien. J’avais envie de transmettre un produit de qualité. Les habitants venaient acheter ma viande en direct sur mon lieu d’exploitation et le lendemain, ils me voyaient en combinaison et masque pour traiter ! »