Bovins, ovins et caprins sont herbivores ! Maintenir les surfaces en prairie -à pâturer ou à faucher- est donc une condition élémentaire au bien-être des animaux. C’est aussi un moyen de réduire la dépendance de l’exploitation aux produits importés et aux fluctuations des marchés mondiaux.
Des éleveurs expérimentent
Le maintien de l’élevage est une priorité en Scarpe-Escaut. Ici, en zones humides, le soutien aux éleveurs est d’autant plus important que l’exploitation de ces parcelles est rendue difficile : ces prairies, souvent enclavées, sont moins accessibles par les engins agricoles. Leur pâturage implique des soins spécifiques à apporter aux troupeaux pour lutter contre des maladies parasitaires. La qualité du fourrage est variable selon les années, en fonction de la durée pendant laquelle les prairies sont restées immergées. 43 éleveurs sont aujourd’hui accompagnés par le Parc naturel régional dans le cadre du Programme de maintien de l’agriculture en zone humide mené avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie et la Chambre d’agriculture.

En chiffres
Les prairies couvrent aujourd’hui près de 20% du Parc naturel régional et plus de la moitié des exploitations, soit 295 fermes, est tournée vers l’élevage notamment de bovins. Parce qu’elles sont essentielles au maintien de la biodiversité et des paysages identitaires et à la lutte contre les changements climatiques (elles stockent le carbone), les prairies sont l’objet d’une très grande attention du Parc naturel régional.
La méthode Pâtur’ajuste
Plusieurs éleveurs expérimentent la méthode Pâtur’ajuste. Basée sur l’observation des animaux (sur ce qu’ils mangent dans l’auge et dans la prairie), cette démarche aide chacun à ajuster, en fonction de ses objectifs de production, le rapport herbe-maïs. Elle se traduit dans la pratique par le changement des habitudes alimentaires des vaches afin que celles-ci se nourrissent de la totalité de l’herbe produite en prairie. Le maïs n’est donné dans l’auge qu’une fois le foin avalé, les vaches sortent plus tôt au pâturage, le ventre vide.
Dans le cadre de cette expérimentation, les exploitants sont accompagnés par la Chambre d’agriculture, Avenir Conseil Elevage et le Parc naturel régional afin de mesurer les qualités agronomiques et écologiques de cette pratique.

« J’ai converti des cultures de maïs en prairies afin d’améliorer mon système de production de lait davantage centré sur le pâturage. Je diminue la récolte en foin. Je complémente moins grâce au pâturage. Je sors au maximum mes animaux. Résultat : mes bêtes se portent bien, je produis la quantité de lait que je m’étais fixé, je fais des économies de gasoil et j’ai davantage de temps pour suivre mon troupeau ! ». Guy Legrain, Saint-Amand-les-Eaux.
Soigner sans impacter l’environnement
En milieux humides, les parasites tels que les strongles digestifs et la douve du foie provoquant bronchites et toux des bovins sont plus fréquents. Dans ces zones à protéger, mieux vaut éviter l’usage d’antibiotiques et d’autres médicaments dont la toxicité altèrerait le cycle de vie d’insectes qui se nourrissent des excréments (puis celui des oiseaux qui mangent ces insectes, etc.). Aussi, plusieurs exploitants testent des techniques alternatives (homéopathie, huiles essentielles, aromathérapie, etc.). La lutte peut également s’effectuer par l’organisation du pâturage qui doit être étudié pour renforcer l’immunité et non la dégrader.
Être moins dépendant de la météo
L’herbe des prairies est fauchée, fanée, placée en andain puis elle sèche sur place. Cette gestion, pour éviter les moisissures, implique de bonnes conditions météorologiques durant plusieurs journées. En diversifiant les usages de ses différentes parcelles, en jouant sur les dates de fauche, de pâturage ou de report sur pied, on s’adapte aux aléas météorologiques.
Les haies, une valeur sûre
Parce que les haies champêtres améliorent le rendement des cultures, abritent le bétail, séquestrent le carbone, créent des corridors écologiques, etc., le Parc incite les agriculteurs à de nouvelles plantations en programmant différentes actions (distribution de perches de saules, commandes groupées Plantons le décor) ou par contractualisation (Paiements pour services environnementaux, Mesures agroécologiques et climatiques). Il impulse également la valorisation des produits de la taille, en bois-énergie et en plaquette pour la litière d’animaux.
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